Carnet de voyage: tour du monde 2013-2014, tour de Bretagne à vélo, randonnées...
MUTARE
Comme je connais bien Harare apres avoir passe une demi-journee sur place, nous allons directement au bus station.
Comme nous nous sommes renseignes la veille de la direction a prendre, nous allons droit au bus pour Mutare.
Comme je connais le prix du transport, je refuse de payer les 9 dollars qui passent en 2 secondes a 7 dollars...
Au fur et a mesure du voyage, je prends mes habitudes et mes reperes. Etre accompagnee me donne l'assurance que l'on ne va pas essayer de me parler d'autre chose que ce qui m'interesse. En plus, Eduardo est tres grand et ici, en moyenne, les hommes sont petits ou moyens en taille, donc ca doit les impressionner.
Nous partons dans un "grand"minibus. Pas les toyota transporter mais le type Renault Master. Nous avons un peu plus de place. C'est une experience a faire que de voyager dans ces conditions. Il faut aimer son voisin coute que coute, parce-que sinon, c'est la folie qui vous attend. Heureusement, j'aime beaucoup tous mes voisins. Mais, dans le transporter pour 12 personnes, nous nous retrouvons a 23 personnes plus le conducteur. Les gens s'entassent, c'est comme ca et personne ne rechigne. Pas le choix. La grande difference, c'est que moi, je choisis expres ce mode de transpor, je suis vraiment cinglee ! Non, c'est comme ca que je sens comment vivent les gens. Et c'est pour cette raison que je ne suis pas a plaindre et je ne me plains pas ! D'ailleurs, je trouve que je m'enerve beaucoup moins en voyage qu'a la maison !!! (Je sens qu'elle va ressortir un jour celle-la : si tu es enervee, tu n'as qu'a partir en voyage !)
Nous traversons le pays vers l'est. Ca devient plus vert et montagneux. Nous passons deux averses, le climat change, ca se sent au fur et a mesure. J'adore etre dans les transports quels qu'ils soient. C'est l'essence meme du voyage. Ca invite a la reverie. Pour moi, etre dans un avion qui decolle, un train en marche, une voiture, un bus, c'est un moment de changement. Quelque chose va arriver, j'ignore quoi, mais je vais arriver quelque part, decouvrir quelque chose de nouveau. Je me suis rendu compte que lorsque je ne me sens plus bien a un endroit, c'est qu'il est temps de partir, et le fait de monter dans un transport me donne un relan d'energie et de curiosite.
Les 3 heures de bus se revelent etre 4h30 de trajet. Nous voulions passer la frontiere ce dimanche mais arrivons a 15h a Mutare et decidons d'y rester pour la nuit. Ville aussi tres interessante. Vieille angleterre decrepit et du neuf : la route, les buildings, les magasins... LeAfrique a 2 vitesses !
A nouveau, nous nous retrouvons dans un hotel de passe. Le plus sordide de tous bien que la douche ait une vraie pomme de douche, que la porte de la douche (mais pas celle des toilettes) ferme a cle, qu'il y ait de l'eau chaude. A propos du mitigeur, c'est un probleme minime en fait. Mon vrai probleme s'est trouve a Bulawayo quand je me suis retrouvee dans une baignoire (sale et pleine de moustiques) sans rien pour bouger l'evacuation, si par hasard , j'avais eu l'idee saugrenue de vouloir prendre un vrai bain et sans pomme de douche : ce qui veut dire qu'il y a un robinet d'eau chaude, un d'eau froide... et je fais comment pour melanger l'eau avec mes petites mains et me mouiller sous le mini robinet au ridicule filet d'eau ?! Le boss de la maison m'a apporte un seau de 20 litres ! Finalement, une bonne petite bouteille en plastique coupee m'a ete bien plus utile !
Dans l'hotel de Mutare, les femmes sont affalees sur leur lit dans leur chambre toute la journee et somnolent en attendant le client. Puis, le soir et la nuit, les hommes montent et frappent a une porte. Il y en a partout qui trainassent. En revanche, les femmes sont tres gentilles, mais je me sens moins rassuree. J'imagine que l'un des hommes pensent que je travaille la aussi et me suive dans la chambre. Je ne crains pas grand chose, mais c'est tres glauque. C'est drole parce que les hommes me parlent en pensant que je suis une prostituee et les femmes parlent a Eduardo comme un potentiel client !
Repas du jour : Sadza et boeuf sur la terasse ! Un delice apres une journee de transport au soleil. Sadza, c"est la puree de maïs blanc qu'on mange avec les doigts. Apport calorique tres pauvre mais rempli les ventres africains avec bonheur, en faisant la fortune des proprietaires etrangers des fermes de Zambie et Zimbabwe !
Eduardo demande encore au proprio pour avoir internet gratuitement dans l'hotel, et ca marche ! Toujours demander ! Ca, je m'en souviendrai !